Le temps en France et dans le monde et les événements climatiques et météorologiques
Des orages fortement pluvieux, au caractère stationnaire et à tendance rétrograde ont concerné l'est de l'Hérault et une petite portion ouest du Gard le mardi 1er novembre. Des lames d'eau horaires très importantes ont été constatées, ainsi que des cumuls globaux supérieurs à 200 mm, de manière toutefois assez isolée.
lames d'eau
+ sur le département de l'Hérault, certaines lames d'eau estimées par Météo-France dépassent les 200 à 250 mm, au nord-ouest de Montpellier. Cette zone a effectivement été touchée par des orages successifs à tendance rétrograde. Des lames d'eau mesurées entre 100 et 130 mm ont par ailleurs été enregistrées à Saint-Martin-de-Londres ou Ganges notamment. Sur le Montpelliérain, un MCS linéaire à propagation rétrograde (orage en V non mâture) a produit des lames horaires supérieures à 50 mm. Au total, le cumul atteint quasiment 75 mm à l'aéroport de Fréjorgues en 2h de temps.
+ sur le département du Gard, ce sont surtout le piémont cévenol et la Camargue qui ont été touchés. Les cumuls de précipitations culminent entre 50 et 70 mm sur ces deux zones. La partie nord-ouest du département a été touchée par la succession d'averses orageuses en matinée et après-midi tandis que la partie sud a surtout été concernée par le MCS actif de la fin d'après-midi et début de soirée.
hydrologie
De nombreuses inondations ont été observées, en particulier dans le secteur très urbanisé de Montpellier. Pour la plupart, elles sont le fait d’accumulations importantes dans des zones basses et/ou insuffisamment drainées, suite à de forts ruissellements.
Quelques réactions dans les réseaux secondaires ont été observées, comme sur la Mosson près de Montpellier. Ces réactions ont parfois été débordantes, mais sans prendre une ampleur sévère. Comme prévu, les réseaux principaux, comme l’Hérault, n’ont montré que de très faibles réactions, à cause des faibles surfaces touchées par les cumuls diluviens.
Contexte météorologique :
Cet épisode pluvio-orageux, appréhendé moins de 24h avant le début de l'épisode, tire essentiellement son potentiel dans des facteurs de méso-échelle.
Alors qu'un thalweg d'altitude étroit et de faible longueur d'onde aborde l'ouest du pays dans la nuit du 31 au 1er novembre, un jet de basse couche, orienté au sud-est, se met en place en direction de l'Hérault. Dans le même temps, un petit flux de sud se développe près du sol sur la Catalogne et entretient une convergence des vents marquée sur le département de l'Hérault et l'ouest du Gard.
Le flux d'altitude, orienté au sud-ouest avant l'arrivée du forçage principal (axe du thalweg), advecte une masse d'air très douce et fortement chargée en humidité (eau précipitable > 30 mm) en direction du Golfe du Lion. Ce potentiel instable, couplé à des cisaillements de vent significatifs est favorable au développement d'orages à propogation rétrograde.
En fin d'après-midi et début de soirée, un MCS à tendance linéaire évolue en système convectif de méso-échelle à propagation rétrograde. La pointe d'alimentation du système se situe en mer, au large de l'Hérault. Ce MCS a amorcé une structuration en V, mais cette dernière n'est pas arrivée à mâturité vraisemblablement en raison du manque d'instabilité.